Ci-dessous, un long article de la Voix du Nord consacré à la zone naturelle du Colombier-Virval de Calais. Ce projet, comme je l'indiquais dans un précédent message, est le bébé des écologistes calaisiens: c'est celui que j'avais lancé en 1995-1996 au nom des élus Verts du Conseil Municipal de Calais (et bien avant que nous n'ayons des responsabilités électives, au nom du groupe vert). Ce projet, d'inspiration communale au départ est devenu projet communautaire lorsque la Communauté d'Agglomération du Calaisis a été créée.
Nous espérons qu'il sera repris dans la "trame verte" du Conseil Régional. Nous lançons un appel à nos élus régionaux responsables du dossier (j'étais déjà intervenu personnellement auprès d'Alain Alpern officiellement). Ce projet doit garder l'estampillage vert, c'est un bon investissement écologique et politique ! La population sait déjà que ce projet est le fruit du travail des écolos ici, enfonçons le clou et déposons, en quelque sorte, le "brevet vert", en le revendiquant haut et fort politiquement.
Jean-Marc BEN
Maire-adjoint écologiste de Calais
LA VOIX DU NORD, jeudi 9 février 2006
Oxygène
La communauté d'agglomération a un projet pour aménager les 110 hectares du site, aux portes de Calais
Le Colombier-Virval, chantier-nature de la CAC
Le plan d'eau de l'ancienne gravière est un des points forts du site du
Colombier-Virval.
Photo Jean-Pierre BRUNET
Imaginez, aux portes de Calais, une zone de 110 hectares entièrement dévolue à la nature. Une zone où il serait possible de pêcher, de faire des balades, de découvrir – sur le terrain comme en théorie – toute l'importance de l'eau, de côtoyer des animaux, d'apprendre dans une ferme pédagogique... Ce n'est pas un rêve, mais un projet de la communauté d'agglomération du Calaisis, celui de l'aménagement du Colombier-Virval, vaste espace situé entre l'A 16, l'A 26 et la RN 43 et la Départementale 247, qui part de la RN 43 pour aller vers Marck.
Ce projet, la Ville de Calais l'avait déjà avant la création de l'intercommunalité. Elle avait d'ailleurs acheté le site de la gravière Létendard, qui n'avait plus de raison d'être exploitée avec la fin des travaux de l'A 16 et du tunnel.
Au moins vingt ans
A sa naissance, la CAC l'a inscrit à son programme. L'aménagement du Colombier-Virval est revenu à l'ordre du jour lors du dernier conseil communautaire (notre édition du dimanche 29 janvier). Sur le terrain, les choses ont bougé. Les engins de chantier ont procédé à la démolition de l'ancienne usine à béton et des divers bâtiments qui ont notamment, en leur temps, abrité des cash & carry.
Ces prémices n'annoncent pas pour autant un aménagement prochain du Colombier-Virval. Très ambitieux, le projet devrait s'étaler sur au moins vingt ans.
Surtout, comme l'a indiqué son président Jacky Hénin au conseil communautaire, l'ambition pour le Colombier-Virval a ses limites : celles des finances. Le budget de l'opération est de 12 millions d'euros. Une somme qui ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval et encore moins dans les prochains budgets communautaires. Le conseil de CAC a donc décidé de ne rien engager tant qu'elle ne trouvera pas des financements extérieurs conséquents, toujours difficiles à dégoter, mais qu'elle va continuer à chercher.
Des atouts
à défendre
Des financements pourraient notamment être octroyés par l'État et la Région si l'aménagement de cette zone de nature était reprise dans la « trame verte », autrement dit considéré comme site d'intérêt régional. Pour cela, la CAC devra faire valoir les atouts du Colombier-Virval. Ils ne manquent pas :
la zone est au carrefour d'un noeud routier important, à la porte d'une grande agglomération et sur le passage de millions de voyageurs ; elle abrite 200 espèces de plantes, dont une dizaine protégées ; elle se trouve sur un couloir de migration des oiseaux et offre un beau repaire pour les poissons dans son grand plan d'eau bordé de roselières ; elle constitue un exemple de réseau hydraulique typique de la Flandre maritime, avec ses wateringues qui évacuent l'eau vers la mer ; enfin, elle offrirait une vaste zone verte dévolue à la fois aux loisirs et à l'éducation à l'environnement (lire ci-dessous le détail du projet d'aménagement).
Annick MICHAUD
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L'aménagement du Colombier-Virval n'a pas encore commencé; seuls les travaux
destinés à faire disparaître la friche industrielle viennent d'être réalisés.
Photo Jean-Pierre BRUNET
Parc urbain, maison de l'eau, école de pêche, animations pédagogiques, sentiers...
Un « poumon vert » et des activités familiales
Rêvons un peu ! Si le projet d'aménagement du Colombier-Virval est pour l'instant en stand-by, conditionné par l'obtention de subventions (lire ci-dessus), l'espace de ces quelques lignes, faisons le tour de ce qu'il pourra être, tel que l'a envisagé le cabinet de Gilles Noyon, architecte paysager à Ardres.
L'aménagement des 110 hectares est prévu en quatre phases, en allant de l'A 16 vers la ferme du Grand-Colombier, qui marque l'extrémité sud.
La première s'organise autour du grand plan d'eau visible dès l'entrée sur l'A 26, sur une quarantaine d'hectares. Premier travail : faire disparaître la friche industrielle. Seul financement déjà acquis, les 280 000 ¤ du contrat de plan Etat-Région ont permis de payer les démolitions et de terrasser le terrain en réutilisant les déblais.
Ces travaux amorcent une butte paysagère qui fera écran contre le bruit. Il faudra ensuite trouver 1,6 million d'euros pour financer le reste de cette première phase, qui comprend notamment la création d'un rond-point presque en face du lycée horticole. Là se trouvera l'accès principal au Colombier-Virval.
Juste derrière la butte paysagère, cette première partie comprendra un parc urbain de quelques hectares, accessible à pied et à vélo à partir du rond-point de la route de Saint-Omer. L'environnement du plan d'eau – actuellement utilisé par les Pêcheurs du Calaisis – sera soigné et agrémenté de sentiers, d'observatoires pour découvrir les oiseaux et de pontons de pêche.
Toute la partie qui se trouve du côté de l'échangeur entre l'A 16 et l'A 26 restera inaccessible : c'est là que se trouvent les plantes les plus remarquables, notamment des variétés d'orchidées protégées.
Autour de l'eau
Dans la deuxième partie du projet, un corps de ferme doit être construit dans le style et avec les matériaux de la région (torchis, tuiles flamandes...), pour accueillir des associations qui seront partie prenante dans la gestion et l'animation du site, mais aussi des classes vertes comme le grand public. Cette ferme pourrait abriter des animaux et voisiner avec un verger.
Troisième étape : l'eau, très présente, aura sa « maison », à l'entrée du site où sera créé un parking. Les pieds dans l'eau, au bord d'un bassin à creuser qui servira aussi à l'école de pêche, on y découvrira l'importance de l'eau dans notre vie, mais aussi dans la géographie locale, à travers des animations, des expositions et un belvédère. La maison de l'eau abritera sans doute aussi un centre d'initiation à l'environnement.
A bien plus long terme, la communauté d'agglomération du Calaisis imagine aussi faire de la ferme du Grand-Colombier, aujourd'hui exploitée par un agriculteur, une ferme pédagogique alliée à un relais équestre.
Du parc urbain aux plans d'eau pour la pêche, des animations autour de l'eau à l'observation des oiseaux, des classes vertes aux balades entre wateringues et vaches highland, le Colombier-Virval deviendrait ainsi un « poumon vert » où toute la famille pourrait y trouver son compte. De temps en temps, ça changerait de la plage !
A. M.
Nous espérons qu'il sera repris dans la "trame verte" du Conseil Régional. Nous lançons un appel à nos élus régionaux responsables du dossier (j'étais déjà intervenu personnellement auprès d'Alain Alpern officiellement). Ce projet doit garder l'estampillage vert, c'est un bon investissement écologique et politique ! La population sait déjà que ce projet est le fruit du travail des écolos ici, enfonçons le clou et déposons, en quelque sorte, le "brevet vert", en le revendiquant haut et fort politiquement.
Jean-Marc BEN
Maire-adjoint écologiste de Calais
LA VOIX DU NORD, jeudi 9 février 2006
Oxygène
La communauté d'agglomération a un projet pour aménager les 110 hectares du site, aux portes de Calais
Le Colombier-Virval, chantier-nature de la CAC
Le plan d'eau de l'ancienne gravière est un des points forts du site du
Colombier-Virval.
Photo Jean-Pierre BRUNET
Imaginez, aux portes de Calais, une zone de 110 hectares entièrement dévolue à la nature. Une zone où il serait possible de pêcher, de faire des balades, de découvrir – sur le terrain comme en théorie – toute l'importance de l'eau, de côtoyer des animaux, d'apprendre dans une ferme pédagogique... Ce n'est pas un rêve, mais un projet de la communauté d'agglomération du Calaisis, celui de l'aménagement du Colombier-Virval, vaste espace situé entre l'A 16, l'A 26 et la RN 43 et la Départementale 247, qui part de la RN 43 pour aller vers Marck.
Ce projet, la Ville de Calais l'avait déjà avant la création de l'intercommunalité. Elle avait d'ailleurs acheté le site de la gravière Létendard, qui n'avait plus de raison d'être exploitée avec la fin des travaux de l'A 16 et du tunnel.
Au moins vingt ans
A sa naissance, la CAC l'a inscrit à son programme. L'aménagement du Colombier-Virval est revenu à l'ordre du jour lors du dernier conseil communautaire (notre édition du dimanche 29 janvier). Sur le terrain, les choses ont bougé. Les engins de chantier ont procédé à la démolition de l'ancienne usine à béton et des divers bâtiments qui ont notamment, en leur temps, abrité des cash & carry.
Ces prémices n'annoncent pas pour autant un aménagement prochain du Colombier-Virval. Très ambitieux, le projet devrait s'étaler sur au moins vingt ans.
Surtout, comme l'a indiqué son président Jacky Hénin au conseil communautaire, l'ambition pour le Colombier-Virval a ses limites : celles des finances. Le budget de l'opération est de 12 millions d'euros. Une somme qui ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval et encore moins dans les prochains budgets communautaires. Le conseil de CAC a donc décidé de ne rien engager tant qu'elle ne trouvera pas des financements extérieurs conséquents, toujours difficiles à dégoter, mais qu'elle va continuer à chercher.
Des atouts
à défendre
Des financements pourraient notamment être octroyés par l'État et la Région si l'aménagement de cette zone de nature était reprise dans la « trame verte », autrement dit considéré comme site d'intérêt régional. Pour cela, la CAC devra faire valoir les atouts du Colombier-Virval. Ils ne manquent pas :
la zone est au carrefour d'un noeud routier important, à la porte d'une grande agglomération et sur le passage de millions de voyageurs ; elle abrite 200 espèces de plantes, dont une dizaine protégées ; elle se trouve sur un couloir de migration des oiseaux et offre un beau repaire pour les poissons dans son grand plan d'eau bordé de roselières ; elle constitue un exemple de réseau hydraulique typique de la Flandre maritime, avec ses wateringues qui évacuent l'eau vers la mer ; enfin, elle offrirait une vaste zone verte dévolue à la fois aux loisirs et à l'éducation à l'environnement (lire ci-dessous le détail du projet d'aménagement).
Annick MICHAUD
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L'aménagement du Colombier-Virval n'a pas encore commencé; seuls les travaux
destinés à faire disparaître la friche industrielle viennent d'être réalisés.
Photo Jean-Pierre BRUNET
Parc urbain, maison de l'eau, école de pêche, animations pédagogiques, sentiers...
Un « poumon vert » et des activités familiales
Rêvons un peu ! Si le projet d'aménagement du Colombier-Virval est pour l'instant en stand-by, conditionné par l'obtention de subventions (lire ci-dessus), l'espace de ces quelques lignes, faisons le tour de ce qu'il pourra être, tel que l'a envisagé le cabinet de Gilles Noyon, architecte paysager à Ardres.
L'aménagement des 110 hectares est prévu en quatre phases, en allant de l'A 16 vers la ferme du Grand-Colombier, qui marque l'extrémité sud.
La première s'organise autour du grand plan d'eau visible dès l'entrée sur l'A 26, sur une quarantaine d'hectares. Premier travail : faire disparaître la friche industrielle. Seul financement déjà acquis, les 280 000 ¤ du contrat de plan Etat-Région ont permis de payer les démolitions et de terrasser le terrain en réutilisant les déblais.
Ces travaux amorcent une butte paysagère qui fera écran contre le bruit. Il faudra ensuite trouver 1,6 million d'euros pour financer le reste de cette première phase, qui comprend notamment la création d'un rond-point presque en face du lycée horticole. Là se trouvera l'accès principal au Colombier-Virval.
Juste derrière la butte paysagère, cette première partie comprendra un parc urbain de quelques hectares, accessible à pied et à vélo à partir du rond-point de la route de Saint-Omer. L'environnement du plan d'eau – actuellement utilisé par les Pêcheurs du Calaisis – sera soigné et agrémenté de sentiers, d'observatoires pour découvrir les oiseaux et de pontons de pêche.
Toute la partie qui se trouve du côté de l'échangeur entre l'A 16 et l'A 26 restera inaccessible : c'est là que se trouvent les plantes les plus remarquables, notamment des variétés d'orchidées protégées.
Autour de l'eau
Dans la deuxième partie du projet, un corps de ferme doit être construit dans le style et avec les matériaux de la région (torchis, tuiles flamandes...), pour accueillir des associations qui seront partie prenante dans la gestion et l'animation du site, mais aussi des classes vertes comme le grand public. Cette ferme pourrait abriter des animaux et voisiner avec un verger.
Troisième étape : l'eau, très présente, aura sa « maison », à l'entrée du site où sera créé un parking. Les pieds dans l'eau, au bord d'un bassin à creuser qui servira aussi à l'école de pêche, on y découvrira l'importance de l'eau dans notre vie, mais aussi dans la géographie locale, à travers des animations, des expositions et un belvédère. La maison de l'eau abritera sans doute aussi un centre d'initiation à l'environnement.
A bien plus long terme, la communauté d'agglomération du Calaisis imagine aussi faire de la ferme du Grand-Colombier, aujourd'hui exploitée par un agriculteur, une ferme pédagogique alliée à un relais équestre.
Du parc urbain aux plans d'eau pour la pêche, des animations autour de l'eau à l'observation des oiseaux, des classes vertes aux balades entre wateringues et vaches highland, le Colombier-Virval deviendrait ainsi un « poumon vert » où toute la famille pourrait y trouver son compte. De temps en temps, ça changerait de la plage !
A. M.



